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10. Éoliennes, la réunion à Le Ségur en mars 2006

mercredi 13 décembre 2006, par Gérard LANOYE

Les projets dans le coin.

Les projets cités étaient :
- 3 à 5 éoliennes sur Roussayrolles-Vaour, un permis de construire a été accordé à Vaour pour un mât de mesure ;
- 4 éoliennes sur Milhars-Marnave ;
- 6 à Le Ségur-Lapparouquial.

C’étaient les projets connus à l’époque, depuis il y a eu des changements. Le projet Milhars-Marnave avait eu son permis de construire, depuis le promoteur a retiré son projet.

Survol des débats.

Il y a eu deux grands débats. Le premier a opposé ceux qui prétendaient que les adversaires des éoliennes étaient des partisans du nucléaire, les autres s’en défendant. Il m’a semblé que les premiers avaient du mal à comprendre.

Le second était l’affirmation lancinante que l’éolien industriel, c’était mal, mais que l’éolien citoyen, c’était bien. Les opposants ou les sceptiques se sont tus. L’éolien citoyen, ce serait quelque chose du genre d’une communauté gérant des éoliennes plus petites. L’éolien industriel, ce sont des parcs de grandes éoliennes de 100 ou 125 mètres de haut, relié au réseau pour fournir de l’électricité à des consommateurs distants.

Dans l’assistance, apparemment pas d’élus des environs venant de communes concernés par les projets.

Intérêt et nuisances des éoliennes.

L’intérêt des éoliennes serait de fournir de l’électricité sans polluer. Le problème, c’est que la production d’énergie est aléatoire, elle dépend du vent qui n’est pas forcément présent quand la demande de courant est forte. Il semble que les éoliennes ne puissent pas fonctionner plus de 20% du temps (voir énergie éolienne. Lorsqu’elles fonctionnent, elles ne rejettent pas le célèbre gaz à effet de serre, je veux dire le gaz carbonique. Quand elles ne peuvent pas fonctionner (pas assez ou trop de vent), le relais doit être pris par des centrales thermiques, pas par du nucléaire qui n’a pas assez de souplesse.

Une des éoliennes de VaourUne question qui permet des débats infinis : le trouble apporté aux paysages. Certains les trouvent belles, même lorsqu’elles gâchent un milieu naturel préservé.

La nuisance la plus importante et la moins discutée est le bruit. Les défenseurs des éoliennes prétendent qu’elles font moins de bruit que le vent, mais elles en font, surtout quand on est sous le vent. Les élus ont été convaincus mais on les aurait baladé sur le vent. L’Académie de Médecine a alerté les Pouvoirs Publics sur la nécessité d’études sérieuses sur les effets du bruit sur la santé.

Il y aurait aussi l’émission d’infrasons, selon certains seraient eux aussi néfastes pour la santé. Il semble aussi qu’elles perturbent le gibier à proximité.

Pour dans quelques dizaines d’années, le risque est élevé de voir rester dressés ces monstres devenus inutiles. La réglementation ne fait pas obligation de démonter les éoliennes. Quand elles ne seront plus rentables, on peut légitimement craindre que les sociétés exploitantes organisent leur insolvabilité pour éviter d’avoir à payer le démantèlement.

Question d’argent.

Une éolienne ayant une puissance d’un mégawatt coûterait environ un million d’euros. Si vous avez cette somme, je vous conseille de penser sérieusement à acheter quelques uns de ces engins.

En effet, le législateur a été bon pour ces investisseurs. E.D.F est obligé de leur acheter le courant plus cher qu’elle ne le vend. Tout ça grâce à Yves Cochet, du temps où des Verts sévissaient au Ministère de l’Environnement.

C’est vous, consommateurs de courant, qui financez ce système par le biais de la « contribution au service public de l’électricité », indiqué sur votre facture.

Donc un bon rendement pour le capital investi, même dans des zones pas idéales. Cet argent irriguerait peu la France qui n’a pas d’industriels fabricant des éoliennes. Et dans certaines sociétés, les porteurs de parts sont installés dans des paradis fiscaux.

Les collectivités locales devraient profiter d’une petite part de cette manne financière, par la taxe professionnelle. Ainsi que les propriétaires des terrains sur lesquels elles sont installées. Mais juste une petite part.

La réglementation.

Une partie des dangers pourraient être atténués par une réglementation adaptée. Il n’y en a pas vraiment en France en matière d’urbanisme, alors qu’en Allemagne il faut les mettre à plus de 1500 mètres des habitations.

Le préfet décide de les autoriser au vu des études faites et des résultats de l’enquête publique obligatoire, dont il fixe le périmètre. Ceux qui ont eu l’occasion de voir les effets d’une enquête publique sur un projet contesté ne se font pas d’illusions, je pense. C’est comme si la décision était prise d’avance.

Le Préfet du Tarn semble avoir à la bonne l’éolien industriel, mais pas l’éolien citoyen (il n’était pas à la réunion) : un projet prés de Sauveterre, dans le sud du Tarn, a été refusé.

La mission de protection du milieu des Parcs Naturels Régionaux ne les met pas à l’abri. Dans le Parc Naturel Régional des Grands Causses, 33 éoliennes sont autorisées dans une zone « orange ».

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