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LA NOSTALGIE N’EST PLUS CE QU’ELLE ÉTAIT...

dimanche 17 août 2008, par Gérard LE GOT

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10 ans, déjà... Je sortais de la boulangerie, mon pain sous le bras, quand les gendarmes m’ont convoqué d’urgence à la brigade. Le chef m’attendait sur les marches, consterné : " ON" avait une suspicion que...l’hôpital venait de téléphoner pour savoir si..., bref "ON" se demandait s’il s’agissait bien de toi.

Tu venais de nous quitter dans la nuit, aussi discrètement que brutalement, sans crier gare. Après ton 13è festival, TON festival, l’Été de Vaour devenait orphelin, et nous avec.

Ah, ROLAND, qu’est-ce qu’on a eu mal.

Autre temps, autres goûts ; c’était l’époque où nos affiches reflétaient un certaine recherche artistique, où notre logo n’aurait pu se confondre avec celui d’un livreur de pizzas ou la publicité pour les vins du postillon. Nous étions une bonne quinzaine d’habitants du village à se côtoyer tous les jours, et les conversations revenaient inéluctablement sur le festival, le précédent ou le suivant avec à chaque fois une bonne dose de délire et d’utopie. Avec un peu d’imagination aussi : il fallait bien pallier l’absence totale de moyens, financiers et techniques. Et les idées, tu en avais toujours sur le feu ; parfois on renaudait un peu, on trainait les pieds mais comme c’était toi l’âme et le moteur du voyage, on finissait par courir.

Que de souvenirs... L’arrivée dans la COUR de centaines de coussins fabriqués avec enthousiasme par nos amis du village à partir de tissus de récupération, livrés ensemble, comme par enchantement, par pleines brassées, ou empilés sur des brouettes et même sur...un landau d’enfant. Quelle ambiance ! Notre 1er "Resto de l’Été", près de la bascule, suivi l’année d’après par le jardin du presbytère puis celui des glycines.

Peu formalistes, on ne s’embarassait guère de conseil d’administration ou de "bureau" ; on avait la "petite équipe" et la grande "équipe", ce qui n’empêchait pas de discuter jusqu’à pas d’heure, surtout quand on gambergeait sur d’improbables soirées de clôture : Ah, cette double rangée de flambeaux conduisant le public de la COUR à l’Hôtel du Parc pour la traditionnelle sangria, ces longs plateaux sortis de nulle part, chargés de gâteaux (fabriqués maison) aussitôt dévorés par les spectateurs en liesse ; et cette clameur qui s’était élevée de la place lorsqu’avait éclaté le feu d’artifice pétaradant depuis tous les coins du Muret.

Et ALEX...comment aurait-on fait sans ALEX, qui partait 10 fois par jour pour glaner pendrillons, projecteurs ou câbles ici où là ; ALEX, qui ne se nourrissait que de bananas-splits avant de découvrir la marquise au chocolat. Exit ALEX...

" Que sont mes amis devenus ?"

10 ans déjà ! Tu sais,ROLAND, je craignais cette année que la cérémonie du souvenir soit un peu trop appuyée, inadéquate ; rassure-toi : pas d’hommage, mémoire éteinte..

La tristesse ne guérit rien mais nous sommes encore quelques un(e)s à la préférer à l’amnésie.

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