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Éric OUZOUNIAN : Vers un Tchernobyl français ?

mardi 26 mai 2009, par Gérard LANOYE

Vers un Tchernobyl français ?

d’Éric OUZOUNIAN.

nouveau monde éditions

Le titre du livre suggère la réponse, l’intérêt est de découvrir comment c’est devenu possible.

L’auteur construit son livre autour des informations données par un responsable haut placé d’EDF, dont nous n’apprendront bien sûr pas le nom. L’auteur affirme avoir vérifié à d’autres sources les informations données par M. X.

Le livre illustre parfaitement ce que devient un Service Public lorsqu’il est sur la voie de la privatisation. À l’époque de la rédaction du livre, l’État possède encore 70% du capital. Le reste ne sera probablement vendu que lorsque la clique au pouvoir aura des cadeaux à faire à ses amis capitalistes.

Le virage est pris en 2000 quand l’État, pour la première fois, impose à EDF de mettre en tête de ses objectifs « la croissance de ses bénéfices ».

Le livre décrit les mécanismes de cette recherche du profit, avec des exemples précis. ce sont les mécanismes de toutes les entreprises de capitalisme financier qui font à EDF les mêmes dégâts qu’ailleurs : recours à la sous-traitance, pour la maintenance, avec des contraintes impossibles à tenir pour réduire au minimum le temps d’arrêt des centrales, réduction du stock des pièces de rechange, consignes de sécurité respectées sur le papier, mais pas dans la réalité, etc.

EDF a également décidé d’allonger de 10 ans la durée de vie des centrales nucléaires. Techniquement, elles n’ont pas changées, et rien ne justifient l’augmentation de cette durée de vie. Qui, mécaniquement augmente les profits et les dividendes qu’il est possible de distribuer aux actionnaires.

Les dégâts humains sont considérables : les sous-traitants embauchent en contrats à durée déterminée pour la durée des marchés, les salariés sont dans une situation de précarité accrue, et il est illusoire de chercher à maintenir leurs compétences. La culture de la sécurité qui existait à EDF disparaît forcément, ainsi que la fierté de ses salariés à y travailler.

Pour nous, qui sommes plus ou moins voisins d’une centrale nucléaire, cela veut dire que les risques d’un accident nucléaire majeur s’accroissent de jour en jour. L’auteur nous fait la description de ces risques à partir des incidents qui se sont réellement produits, notamment en France.

Aux risques inhérents à la technologie des centrales nucléaires s’ajoutent le risque dû à la recherche du profit du capitalisme financier. Nous pouvons constater ses effets à la Poste, avec la dégradation de la qualité du Service Public, en particulier en milieu rural, à la SNCF, où le défaut d’entretien du réseau ferré provoque incidents ou accidents, à France Télécom dont les lignes téléphoniques traînent au sol plusieurs mois après une tempête.

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