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La "DÉPÊCHE" est elle trop chère ?

ou comment voir l’Été de Vaour avec des verres déformants

mercredi 22 août 2007, par Gérard LE GOT

C’est en épluchant mes légumes sur un fragment de La Dépêche du Midi (du 7 ou 8 août) que je suis tombé sur un article d’une dame ou demoiselle E DELPEYRAT consacré au récent Été de Vaour. J’épluche la prose en même temps que mes patates et l’économe m’en tombe des mains ! Je n’avais jamais vu le festival sous cet angle ; Côté salles, Vaour et ses" apparats chics", côté coulisses " Vaour la beatnik fille de woodstock et du Larzac "

Les spectateurs ? Des nantis et des mirliflores qui louent les mas(sic)alentour et exsudent Hermès. Les bénévoles ? De pauvres hères débraillés et hirsutes, hippies nonchalants alanguis par les fumées d’encens...Deux mondes qui s’ignorent : celui des riches qui peuvent débourser 15€ pour une place de théâtre, emplissent les parkings de Ferrari ou autres Mercédes et désertent la buvette quand le veuve Clicquot est insuffisamment frappé en époussetant leur plastron souillé par les cendres de Havane. Autour d’eux, une nuée de traîne-semelles, de sans le sou condamnés à coucher sous la tente comme les SDF du canal st Martin et secourus par la cantine du festival qui leur sert un bol de soupe 2 fois par jour. Tel est l’esprit de l’article.

Bref, un certaine façon de voir les choses ; N’importe qui a le droit d’improviser son roman-feuilleton...sauf que pour informer il faut observer, bien sûr, mais aussi écouter, se renseigner, comprendre, analyser. Et l’on peut alors éventuellement devenir journaliste. Il y a quelques années j’avais accordé une longue interview à une devancière d’É.DELPEYRAT, expliquant l’origine de la manifestation, son fonctionnement, son coût, sa fréquentation, sa ligne artistique puisque les mêmes questions reviennent chaque année depuis...22 ans. Pour RIEN ; le lendemain "La Dépêche" titrait sur un large bandeau " l’Été de Vaour est il trop cher ? ne retenant que quelques déclarations acrimonieuses de boudeurs sélectionnés.

C’est vrai, le plein tarif est à 15€ pour des spectacles diffusés ailleurs entre 20 et 35 € ; mais compte tenu des réductions, abonnements etc, l’entrée moyenne ressort à 12€. La moitié des recettes est absorbée par les infrastructures et la technique, le solde ne suffisant pas à couvrir cachets artistiques, droits d’auteurs, assurances etc...

Oui, les bénévoles sont logés sous tente ; comment héberger cette centaine de jeunes gens qui peinent 10 heures par jour à organiser les parkings, accueillir comédiens et public, monter et démonter, charger et décharger les camions, approvisionner la buvette...alors, si en fin de nuit ils sont un peu hâves et malhabiles à rouler leur cigarette, on peut le comprendre. Non ?

Non, le public de l’É. de V.n’est pas un club de richards exclusivement issus du Rotary local ; il s’agit de gens simples avides de spectacles abordables, fidèles à l’ambiance familiale et bon-enfant qui trouvent dans ce village de moins de 300 âmes une semaine de décontraction, de rencontres et de petits bonheurs.

Mais il ne sert à rien de le ressasser : l’an prochain, l’article de la D. sera du même tonneau ; enfin presque : Guerlain aura peut-être remplacé Hermès.

On n’en démordra pas : l’information objective et raisonnée, c’est tout de même mieux que le lyrisme de mirliton et, pour faire un journal, il est préférable de faire appel à...des journalistes.

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