Vaour.org : informations, expression, opinion

Accueil > Vaour et alentours > Éoliennes > Projet de ZDE de la Communauté de Communes des Causses Nord-Ouets du Tarn. (...)

Projet de ZDE de la Communauté de Communes des Causses Nord-Ouets du Tarn. Réunion du 11 janvier 2008 à la salle des fêtes de Milhars

vendredi 25 janvier 2008, par Gérard Lanoye

Le projet de ZDE

 [1]

Le projet de ZDE sur est présenté Projet de ZDE de la Communauté de Communes des Causses Nord-Ouest du Tarn. Présentation. qui reprend les écrans de la présentation faite à le réunion de Milhars. Les principaux éléments sont les suivants : le gisement éolien existe, le raccordement au réseau peut se faire avec une puissance de 10 MW à Saint Antonin et de 20 MW à Cordes.

Ce sont ces capacités de raccordement qui limitent à 30 MW la puissance qui peut être installée sur le secteur.

La ZDE couvrirait l’ensemble du territoire de la Communauté de Communes. La puissance minimum serait fixée à 0. Il serait ainsi possible à chacun d’installer une éolienne pour sa maison, et de revendre à EDF l’excédent d’électricité produite. Les grandes éoliennes seraient installées dans les zones d’implantation préférentielles pour le grand éolien. Ces zones ont été cartographiées en tenant compte de l’existence de vent suffisant, et d’un éloignement d’au moins 500 m des habitations.

La ZDE est soumise à l’approbation du préfet, sans qu’il y ait d’enquête d’utilité publique.

Il y aura étude d’impact et enquête d’utilité publique pour le permis de construire de chaque grande éolienne (dont le mât a une hauteur de plus de 50 m).

Le débat

Il a entrecoupé la présentation du projet, qui a quand même pu être faite correctement, notamment par les rappels à l’objet de la réunion qu’a faits Georges Bousquet.

C’est une présentation forcément partisane que je vais faire de ce débat. Je vais également en profiter pour mieux expliquer les interventions que j’ai faites. J’ai commencé par regretter qu’il n’y ait pas d’enquête d’utilité publique sur le projet de ZDE. Il me semble que l’avis des habitants est ainsi considéré comme négligeable.

C’est bien sûr un débat entre pro-éoliennes et anti-éoliennes, et on parle toujours d’éolien industriel, c’est-à-dire où les éoliennes sont construites comme le serait une centrale thermique [2] , pour rapporter de l’argent. L’éolien citoyen, c’est-à-dire les petites éoliennes individuelles ou mieux, desservant plusieurs maisons, semblent bénéficier d’une sympathie « naturelle » et je n’ai entendu personne protester contre le risque de leur pullulation malgré de faibles avantages écologiques.

L’argent est d’ailleurs le seul argument [3] des pro-éoliens, l’argent qu’il va rapporter aux communes par le biais de la taxe professionnelle, ou par le biais de la location des terres lorsque les éoliennes seront installées sur des terrains qu’elles possèdent, directement ou indirectement. Cet argent permettrait de payer les emprunts et les salariés des collectivités. La suggestion a été faite qu’il pouvait aussi servir à promouvoir ou développer les économies d’énergie.

Les éoliennes rapportent de l’argent, surtout aux capitalistes qui investissent dans les sociétés qui vont produire de l’électricité éolienne. Ce sont les sommes que nous payons avec chaque facture d’électricité (la contribution au service public d’électricité voir l’explication donnée par EDF).
qui vont assurer la rentabilité, selon le principe fondateur de la politique actuelle "Prendre aux pauvres pour donner aux riches".

Ce sont juste des miettes qui iront aux communes et aux propriétaires des terrains, les miettes juste suffisantes pour obtenir l’assentiment des élus [4]. Cela vaut-il le coup de gâcher nos paysages Les éoliennes et moi... pour ces miettes ?

Les anti-éoliens objectent que les communes les communes se financent actuellement sans les éoliennes. Et j’ai présenté l’argument que ce serait plus simple si la contribution au service public de l’électricité était versée directement aux communes.

Il a été rappelé qu’Abowind proposerait la création de sociétés pour l’exploitation des éoliennes dans lesquelles les habitants pourraient prendre des parts. C’est, par un abus de langage à la Sarkozy, ce qu’Abowind appelle un éolien citoyen.

Les éoliennes ne contribuent pas à réduire les émissions de gaz à effet de serre, leur côté écologique est illusoire. Les anti-éoliens affirment qu’il faut mettre en service des centrales thermiques de la même puissance que les éoliennes installées, pour pallier aux sautes d’humeur du vent. L’objection faite est que, selon EDF, la production du vent est pratiquement constante en France sur l’ensemble du territoire [5]. Il est peu probable que cela suffise, et il faut certainement des centrales thermiques qui, en outre, ne fonctionneront pas dans des conditions optimales..

Les anti-éoliens rappellent les principaux inconvénients des éoliennes. Les éoliennes font du bruit. J’ai évoqué à cette occasion un article du Monde qui, en enquêtant dans un territoire où il y a des éoliennes, mettait en évidence une maladie, une infirmité touchant spécifiquement les élus : une surdité sélective au bruit des éoliennes. Je sais que mon humour n’est pas apprécié par tous, cela m’a valu une violente réaction de Jean-Pierre Barrau contre ceux qui critiquent les élus.

Elles déparent dans le paysage. Cette appréciation esthétique est éminemment personnelle. Et nous avons pu découvrir que certains les trouvaient belles. Je concède que je trouve ces éoliennes industrielles plus belles que celle de Léonore [6], mais je ne les trouve sûrement pas en harmonie avec notre environnement naturel qui retourne à la friche, sans parler de l’harmonie avec les sites classés de notre région.

L’assurance qu’elles seront détruites au bout de quinze ans a semblé convaincre quelques personnes que l’inconvénient en était de ce fait limité. En effet, la loi oblige à faire des réserves financières pour le démontage des éoliennes. Et au bout de quinze ans, il n’y aura plus de prix préférentiel de rachat de l’électricité, les éoliennes ne seront plus rentables. J’ai une fois de plus constaté avec stupeur que des gens continuent à croire à l’application de la loi. Personnellement, je ne parierais pas sur un paysage sans éolienne en friche dans vingt ou trente ans.

La critique sur les infrasons produits par les éoliennes n’a pas eu beaucoup d’échos. Celles sur leur effet stroboscopique ont été accueillis avec beaucoup de scepticisme.

Ce débat n’a probablement pas fait changer d’avis les participants, ni permis de se faire une opinion. Mais on peut craindre que l’installation des éoliennes contribue à créer des dissensions, comme cela se passe pour les éoliennes de Barre dans les monts de Lacaune [7].


[1Zone de Développement de l’éolien

[2Il y avait un intéressant débat le samedi 12 janvier sur un projet de centrale au gaz de Poweo dans l’émission de Jean-Pierre Coffe « ça se bouffe pas ça se mange » (France Inter)

[3je ne considère pas comme un argument le fait de traiter les anti-éoliens de pronucléaires, malgré leurs dénégations

[4Je rappelle que l’étude de la ZDE a été financée pour une petite part seulement par la Communauté de Communes, le reste l’ayant été par les sociétés qui ont des projets de construction d’éoliennes

[5Peut-être n’est-ce vrai que depuis qu’ils ont commencé à investir dans des éoliennes

[6Excuse-moi, Léonore, mais je n’ai jamais trouvé belle le type d’éolienne qu’il y a chez toi

[7Ła Dépêche du Midi du 28 septembre 2007